Coup de projecteur sur une oeuvre exposée au musée, choisie pour son caractère remarquable ou original, "découvrir une oeuvre" est l'occasion de s'arrêter sur une toile, une gravure, une sculpture, un objet, mis en lumière par une interprétation possible.
Ce mois-ci : Portrait de Jules Leroy de Jean-Jacques Henner, Séance de portrait sous le Directoire de Jeanne Rongier, (les articles sont téléchargeables au format PDF)
Lumière sur les collections
JEAN-JACQUES HENNER, Portrait de Jules Leroy
(oeuvre exposée au 1er étage du musée des Beaux-Arts)
Jean-Jacques (1829-1905) étudie à Strasbourg dans l’atelier de l’artiste Guérin. En 1847, il intègre l’école des Beaux-Arts de Paris. En 1858, il remporte le prix de Rome où il s’installe en 1859.
Durant sa carrière de peintre, Jean-Jacques Henner s’intéresse à de nombreux thèmes et excelle dans trois registres principaux : le portrait, la peinture religieuse et la peinture de nus.
L’œuvre du musée de Vannes Portrait de Jules Leroy, médecin aux armées date de 1862. Dans la correspondance de l’artiste, il est fait mention de cette peinture :
« Monsieur Leroy est un médecin très distingué : quoique jeune, il est officier de la légion d’honneur et va passer médecin en chef. C’est un de mes bons amis ; je viens de lui faire son portrait : c’est la meilleure chose que j’ai encore faite… ».
Portrait classique, en buste, l’élégance du médecin dans son costume sombre se détache sur le fond neutre de la toile.Les magnifiques variations du noir du vêtement traduisent avec subtilité la matière soulignée par l’insigne rouge de la décoration.
En 2006, ce portrait a bénéficié d’une campagne de restauration. Télécharger la fiche (PDF)
JEANNE RONGIER, Séance de portrait sous le Directoire (oeuvre exposée au 1er étage du musée des Beaux-Arts)
Jeanne Rongier (1852-1934) est formée dans sa ville natale, par Henri Sénard. Par la suite, elle fréquente les cours d’Evariste Luminais et d’Henri Harpignies, peintre paysagiste qualifié de « Michel-Ange des arbres ».
Comme ce peintre, fondateur de l’école de Barbizon, elle séjourne dans la forêt de Fontainebleau. A partir de 1869, elle expose régulièrement au Salon.
Une séance de portrait sous le Directoire, est acquise au salon par l’Etat en 1885, ce qui constitue une suprême récompense pour l’artiste à une époque où les femmes sont peu présentes dans les expositions. Convoitée par plusieurs conservateurs de musées de province, l’œuvre est attribuée et déposée par le Ministère des Beaux-Arts au musée de Vannes en signe d’encouragement dans le développement de cette structure municipale qui vient d’être créée.
La scène représentée nous raconte un moment de l’atelier du peintre : le modèle pose, l’artiste brosse son portrait, des visiteurs sans doute d’éventuels clients discutent. Quelques éléments de mobilier, un soupçon de désordre, constituent le décor et mettent en valeur la jeune femme élégante et gracieuse dans son costume d’époque Directoire.
Une belle lumière, émanant de la verrière, savamment orchestrée, éclaire principalement le modèle et se répartit sur quelques figurants, plus précisément sur leurs visages. Le coup de projecteur sur l’artiste touche son front et sa main et renforce l’expression de la concentration.
L’œuvre a fait l’objet de restauration en 1991 et en 2005. Télécharger la fiche (PDF)