Connaissez-vous vraiment Vannes ?
Le Service Patrimoine vous propose de découvrir « Vannes de A à Z », des endroits méconnus ou insolites de la ville. Tous les deux mois, un monument, un quartier… vous sont présentés après de multiples recherches menées aux Archives municipales et départementales ainsi qu’au service de l’Inventaire de la ville.
u cours du 19e siècle, Vannes se dote d’équipements publics fonctionnels indispensables à son développement. La construction d’un abattoir municipal démarre en 1838. Dans cette entreprise, la ville suit l'exemple de Paris qui, en 1810, prend la décision de supprimer les abattoirs particuliers pour les remplacer par des structures publiques mieux équipées.
La rue de la Vieille-Boucherie, aujourd’hui rue de la Loi, est, sans doute, avant la Révolution, l’endroit où les bouchers qui possèdent alors leurs étals à la Cohue pratiquent l’abattage de leurs bêtes. Le choix du terrain, la grande prairie de Nazareth, au nord du collège Jules Simon et à proximité à l’époque du moulin de l’Evêque, n’est pas sans engendrer les protestations des voisins, inquiets de voir se répandre dans le canal les immondices de l'abattoir.
Marius Charier, le nouvel architecte de la ville, reprend le projet de son prédécesseur Philippe Brunet-Debaines en lui apportant des modifications par mesure d'économie. Les architectes ont puisé dans un vocabulaire classique les formes de cet édifice public, en particulier l'architecture des échaudoirs (petites cases destinées à l'abattage), qui rappelle la structure des halles avec large vaisseau central et parties latérales plus basses.
Très vite, les bâtiments vont montrer leurs défauts et leurs insuffisances par rapport aux besoins d’une population qui augmente et au nombre de bouchers qui se présentent. La ville décide en 1891 d’entreprendre des travaux urgents et indispensables. Jusqu’à son transfert dans la zone industrielle du Prat, l’abattoir fera l’objet de nombreux travaux de restauration. Son déménagement témoigne de la croissance urbaine de notre cité et de son incapacité à conserver à cet endroit un établissement dont les normes deviennent de plus en plus draconiennes et les odeurs insupportables.
Les bâtiments sont démolis en 1969 pour la construction du Palais des Arts et de la Culture, inauguré en 1972.