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3e RIMa

Le Colonel Hervé PIERRE et le Colonel Jean-Marc GIRAUD à l'issue de la cérémonie de passation sur l’esplanade du Port.

Passation de commandement régimentaire

Mardi 30 juin 2015, la passation de commandement du 3e Régiment d’infanterie de marine avait lieu entre le Colonel Hervé PIERRE et le Colonel Jean-Marc GIRAUD sur l’esplanade du Port.

Le Colonel Hervé PIERRE, chef de corps du 3e RIMa depuis le 17 juillet 2013, a commandé les marsouins du régiment qui ont été envoyé en opération à plusieurs reprises :

  • au Mali sous le commandement du Colonel PIERRE (septembre 2013 à février 2014)
  • en Nouvelle Calédonie (février à juin 2014)
  • en Martinique (mai à septembre 2014)
  • en République de Centrafrique sous le commandement du Colonel PIERRE (octobre 2014 à mars 2015)

Le Colonel Jean-Marc GIRAUD a pris le commandement du 3e RIMa, en plus des fonctions de délégué militaire départemental (DMD) du Morbihan et commandant d’armes de la place de Vannes.

La cérémonie s’est clôturée par un défilé à pied du régiment, en chantant, au départ de l'esplanade du port jusque devant la préfecture du Morbihan.

Le Colonel Hervé PIERRE rejoindra dès demain sa nouvelle affectation parisienne, au cabinet du Chef d’État-Major de l’Armée de Terre, où il prendra ses fonctions de Conseiller en stratégie politique.

Entretien avec le Colonel Hervé PIERRE

Dans le cadre de l’opération Sangaris et avec quelques 250 soldats, il a quitté la France en octobre dernier pour se rendre en Centrafrique. L’objectif de la mission était de mettre en place un dispositif de sécurité permettant aux forces de l’ONU de se déployer dans des conditions correctes afin de rétablir la paix au cœur de ce pays victime d’interminables guerres civiles.

Lors d’une interview, le colonel Hervé Pierre analyse les possibilités de retrouver des fonctionnements sociaux, politiques et économiques moins chaotiques en Centrafrique.

Question : Pouvez-vous nous rappeler les objectifs de votre mission ?

Colonel Pierre : Nous sommes partis fin octobre et sommes rentrés début mars, dans le cadre de l’opération Sangaris mise en place en décembre 2013 (voir encadré histoire).

La France a reçu mandat pour intervenir en Centrafrique afin de stopper les exactions commises par les mouvements ex Seleka*1 et anti-Balakas*2 : l’objectif étant de permettre à la Minusca – Mission des Nations Unis en Centrafrique – d’instaurer un minimum de stabilité.

Nos forces armées ainsi que celles de nombreux autres pays ont pour mission d’assurer un niveau sécuritaire minimum permettant aux forces de l’ONU de se déployer dans de bonnes conditions. Dans ces situations de guerre civile, il faut passer du chaos à une phase de normalisation. Une fois ce processus validé, l’objectif est de nous retirer progressivement afin de laisser la place aux forces onusiennes. Aujourd’hui la force Sangaris compte moins de 1700 hommes et celle de la Minusca près de 10 000, ce qui tente à prouver que nous sommes sur la bonne voie.

Question : Quels sont les moyens mis en œuvre pour assurer ce palier sécuritaire.

Colonel Pierre : La situation étant très complexe en Centrafrique, nous avons travaillé à plusieurs niveaux. Par la force armée lorsque la situation l’exigeait, notamment à Bria ou par la négociation et la stratégie plus politique lorsque cela était possible à Dekoa, à Sibut et à Grimari. A Bambari, la force armée et la négociation ont été nécessaires.

Question : Dans quelle zone avez-vous été envoyés ?

Colonel Pierre : Nous étions déployés dans l’est de la Centrafrique.

A quelque 200 km au nord de la capitale Bangui, nous arrivons à un carrefour de routes à partir duquel on rejoint les villes de Sibut qui était notre poste principal puis celle de Dekoa et à l’est Grimari et Bambari. Nous devions, par conséquent, travailler simultanément sur plusieurs sites sachant que chacun a ses propres tensions et sa propre logique. A partir de ces quatre sites, nous devions rayonner en brousse, sur un espace très vaste.

Puis au cours de ces quatre mois, il est apparu que les villes dans lesquelles la situation était le plus complexe étaient Bambari et Bria, cette dernière n’étant d’ailleurs pas dans notre zone d’action au départ. La branche la plus dure de l’ex Seleka avait pris le pouvoir, chassé l’administration et entamé un processus qui allait à l’encontre de celui des accords de Bangui. En effet, leur objectif était probablement de chercher à couper le pays en deux et, par conséquent, d’invalider le processus de paix. L’ONU les a sommés d’arrêter, a envoyé des négociateurs, des contingents et a tenté de trouver une solution pendant deux mois et demi or, de multiples agressions ont été commises contre ces négociateurs. Le 10 février, nous avons reçu l’ordre d’appuyer le contingent marocain (ONU) en charge de la ville pour la reprendre par les armes.

Question : Quelle est cette branche la plus dure du mouvement ex-Seleka ?

Colonel Pierre : Au sein de l’ex Seleka représentant principalement les Musulmans, trois branches se sont formées. Parmi elles, deux mouvements vont dans le sens de l’ONU et un autre, le FPRC – Front Populaire pour une Renaissance de la Centrafrique - qui a vu le jour le 1er novembre 2014 en opposition aux deux autres afin de signifier leur refus des accords de Bangui. Ils envoyaient des communiqués de presse dans lesquels on lisait très clairement que tout ce qu’ils affichaient était à l’opposé du forum de Bangui. Ils ont voulu, dans un premier temps, prendre la ville de Bambari qui est la deuxième ville du pays et surtout celle de l’or, cependant, dès le début du mois de novembre, nous avons mis en place un dispositif de blocage. Il a fonctionné moyennant quoi ils ont pris Bria qui est la ville du diamant et ont fait à là-bas ce qu’ils voulaient faire à Bambari à savoir remplacer l’administration, le maire, le préfet avec la mise en place d’un système parallèle. Pendant deux mois et demi, la communauté internationale a discuté, négocié sans résultat. Bria était un point stratégique qui leur aurait permis de facto de couper le pays en deux, avec d’un côté les Musulmans et de l’autre les Chrétiens.

Question : Quels sont leurs revendications ?

Colonel Pierre : Elles sont politiques et teintées de religieux : le religieux n’étant pas vu sous l’angle de l’application de la loi islamique mais plutôt du point de vue du groupe social. Ils souhaitent que les Musulmans prennent le pouvoir afin de rééquilibrer une situation injuste à leurs yeux. Ils se considèrent en effet comme opprimés et prendre le pouvoir signifierait rétablir l’équilibre entre les Chrétiens et les Musulmans. D’ailleurs, dans le programme des trois groupes ex Seleka, il n’est pas signifié qu’ils vont s’en prendre aux chrétiens, mais que l’histoire coloniale a défavorisé les musulmans sur le plan économique et social

Question : Il semble que la situation soit complexe aussi bien d’un point de vue sociologique que social, politique ou économique. Comment permettre à l’ONU de se retirer et de laisser le pays autonome ?

Colonel Pierre : C’est une question complexe avec une réalité tout aussi complexe sur le terrain qui se joue à plusieurs niveaux, ville par ville, zone par zone. Comme je vous le disais, notre Etat-Major était à Sibut puis nous devions travailler à Dekoa, Bambari, Grimari et, par la force des évènements, à Bria en s’adaptant à des logiques de terrains très différentes à chaque fois. L’objectif étant de réamorcer le dialogue, de passer du chaos à une reprise de la vie sociale et économique. Il s’agit pour parvenir à gérer les différentes situations de s’adapter. A Dekoa, à Sibut ou à Grimari, les négociations se sont faites assez facilement et nous avons pu réduire nos effectifs afin de laisser la place à l’ONU alors qu’à Bria, il a fallu appuyer l’ONU pour lui permettre de reprendre la ville par les armes. Enfin, à Bambari, nous avons vécu une situation dans la situation. A la différence du volet militaire qui s’est exprimé de façon extrême à Bria puisqu’il s’agissait d’un assaut et que nous avons repris les bâtiments un à un, à Bambari, il y a eu des actions militaires de sécurisation mais nous avons également agi en parallèle dans les champs économique, social, politique ou sociologique.

Question : Quelle était la situation à Bambari ?

Colonel Pierre : Les chrétiens anti-Balakas et les musulmans ex Seleka étaient séparés par un pont fermé aux uns et aux autres. La situation était très compliquée depuis décembre 2013 et lorsque nous sommes arrivés, le pont était coupé mais la situation à peu près stabilisée. Or, nous avons été confrontés, les 2, 3 et 4 décembre, à des montées de violence extrême, à une véritable folie furieuse avec une désinformation de part et d’autre. Un problème survenu dans un des quartiers prenait des proportions inimaginables. La population d’un petit quartier chrétien enclavé au cœur de la partie musulmane a été massacrée. Dans ces cas-là, on entre dans une véritable spirale de violence avec des actes d’une barbarie sans nom. Au cœur de ces situations de crise, chaque évènement est perçu par l’autre communauté comme une agression volontaire

Nous avons réussi à casser cette spirale en prenant tous les leaders et en leur imposant le dialogue. Nous passions nos journées à désamorcer les conflits. En parallèle, il était indispensable de travailler sur le développement économique, la maison des jeunes… Nous avions un objectif premier : remettre le marché en route puisque cela voulait dire que toutes les étapes à valider pour une reprise de dialogue étaient mises en place. Pour ouvrir le marché, il fallait désarmer les forces en présence, rouvrir le pont, rouvrir la ville aux convois de camions et réamorcer le dialogue social. Si le marché fonctionnait de nouveau cela voulait dire que les Chrétiens repassaient du côté musulman. Or, lorsque nous sommes partis, le pont était rouvert ainsi que le marché. Nous avons eu de grandes satisfactions notamment lorsque nous avons fait passer mille personnes sur le pont et que les femmes nous donnaient des fruits pour nous remercier.

Question : Les conditions de vie étaient-elles difficiles ?

Colonel Pierre : Nous avons connu des conditions de vie difficiles c’est certain. A la fois physiquement puisque nous étions en période de saison des pluies, dans des conditions de vie très rustiques, sous tentes, avec de la nourriture sous forme de rations de survie mais également éprouvantes psychologiquement. Nous étions dans le chaudron, au cœur des conflits, sans pause, dans la tension permanente des attaques possibles, ce qui est arrivé notamment le 1er décembre, épisode au cours duquel on a reçu des coups de fusil dans tous les sens… A Bria, ce n’était pas facile non plus, c’est une situation extrême de prendre une ville par les armes.

Question : Etes-vous confiant pour l’avenir de ce pays ?

Colonel Pierre : Je suis plutôt confiant, ils n’en peuvent plus. Cela fait trop longtemps qu’ils vivent dans le chaos.

Question : Retournerez-vous en Centrafrique ?

Colonel Pierre : Ce n’est pas nous qui décidons mais le régiment y retournera peut-être un jour. Moi, non puisque je quitte Vannes en juin 2015. Je pars au cabinet du chef d’Etat-Major de l’armée de Terre à Paris en qualité de chef de sa cellule « stratégie politique ».

  • La Seleka est une coalition constituée en août 2012 de partis politiques et de forces rebelles opposés au président centrafricain François Bozizé. La Seleka se caractérise par une coloration religieuse musulmane dans une République centrafricaine dont la population est à 80 % chrétienne. Son effectif est d'environ 20 000 personnes.  Elle est officiellement dissoute en septembre 2013, ce qui n'entraîne pas de changements réels sur le terrain. Les soldats Seleka, ou désormais ex-Seleka, commettent des violences sur des civils et affrontent en 2014 les forces française de l'opération Sangaris. En juillet 2014, une branche de la Seleka prend le nom de Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).
  • Anti-balaka est le terme utilisé pour désigner les milices d'auto-défense mises en place par des paysans. Formées en 2009 pour lutter contre les coupeurs de routes, les anti-balaka prennent les armes en 2013 contre les Seleka lors de la troisième guerre civile centrafricaine.

HISTOIRE

L'accession à la présidence de Bozizé est violemment contestée et une première guerre civile ravage le pays entre 2004 et 2007, jusqu'à la signature d'un accord de paix. Cependant, les rebelles dénoncent la non-tenue des accords par le président Bozizé, et reprennent les armes fin 2012, lançant une série d'attaques démarrant la deuxième guerre civile de Centrafrique. Le 24 mars 2013, les rebelles de la coalition Seleka s'emparent de Bangui et Bozizé s'enfuit. Michel Djotodia s'auto-proclame président de la République centrafricaine. Mais les nombreuses exactions commises par les miliciens de la Seleka, majoritairement musulmans, amènent l'insécurité dans le pays, et des milices d'auto-défense, les anti-balaka se forment. Le conflit débouche sur une situation « pré-génocidaire » selon la France et les États-Unis. Le 5 décembre 2013, une résolution de l'ONU permet à la France d'envoyer des troupes armées en République centrafricaine (opération Sangaris) aux fins annoncées de désamorcer le conflit et de protéger les civils.

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